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Placer l’origine des produits au coeur de votre communication

Faire prendre conscience du cycle de vie d’un produit. En plus des nombreux avantages pour votre restaurant ou marque, c’est une belle mission, non? Voyons les idées de com associées.

Le contact avec la terre est bien souvent une saveur recherchée par la clientèle des restaurants. Chaussée de mocassins ou de baskets, peu importe, il y comme une envie de remettre ses bottes, en tout cas de déguster au-delà de son assiette cette ruralité bien française, signe de nos savoir-faire artisanaux, des spécificités de nos territoires et plus encore de la qualité de notre gastronomie.

Hors, bien que les restaurants soient nombreux à se fournir chez de petits producteurs locaux (toute proportion gardée au regard de la grande majorité qui passe par de grands distributeurs), cette connexion avec l’origine des produits, passant par une mise en valeur du produit et des producteurs et productrices, est encore peu étendue.

Un retard bien dommageable compte tenu de l’attente des français sur la traçabilité des produits, tel que le montre plusieurs études. Se dessine ici ce que je considère une des stratégies les plus prometteuses et différentielle pour les restaurants qui auront fait le choix de collaborer avec de petits fournisseurs locaux. En termes de communication, on ouvre une marmite, avec de belles histoires humaines à raconter.

Entrons directement dans la matière pour ensuite rappeler les différents avantages.

Quelles stratégies de communication entreprendre ?

Listons concrètement quels pourraient être les axes à entreprendre dans votre communication.

1/ Documenter comment sont produits les aliments et partager le quotidien de vos fournisseurs

Disons le clairement, le secteur de la restauration devrait plus s’inspirer des marques alimentaires. Ces dernières ont su mettre à profit les attentes d’authenticité et de traçabilité des français (pour n’en citer que quelques-uns : La marque du consommateur, Bleu-Blanc-Coeur, Poulehouse, les biscuits St Michel, Intermarché, ou dernièrement l’initiative de l’Ania au travers de laquelle 120 entreprises adhérentes ont ouvert leurs portes aux consommateurs). Pourquoi le secteur de la restauration, qui globalement présente une taille « PME » prompte à engager une relation directe avec les producteurs ne s’y est pas mis plus massivement ?

Il s’agit de combler ce retard, non pas d’une manière trop marketé mais en créant une communication plus sincère, directe et humaine.

A titre d’exemples, voici quelques récits et actions de communication à engager à ce niveau :

 
 

2/ Les labels

C’est un sujet connu, vu parfois d’un regard suspicieux mais qui néanmoins réponds au premier choix des français pour identifier des établissements engagés dans le développement durable. (voir l’étude: les pratiques responsables dans les CHR, institut IFOP pour C10).

Les labels ont chacun leur cahier des charges, et par la multiplicité tendent à confondre les consommateurs. Mais concernant la restauration et les labels qui peuvent garantir spécifiquement une meilleure prise en compte des questions environnementales et sociales, le choix est encore relativement restreint. Notons dans la restauration (cliquez pour + d’infos):

 
 
 

3/ Indication des producteurs sur le site web, les réseaux sociaux, la carte, dans l’espace

C’est une des actions les plus communément mise en place par les restaurateurs, même si elle demeure toutefois assez rare.

Celle se traduit le plus généralement par le site internet (voir exemple ci dessous).

Mais les possibilités sont multiples. Pourquoi pas les indiquer directement sur la carte et plus encore dans l’espace de votre restaurant ? (un espace sous évalué par rapport à cette fonction)

Quant aux réseaux sociaux, c’est une aubaine pour partager des photos de vos fournisseurs, nourrir régulièrement votre mur, vos histoires avec vos produits, des anecdotes de vos fournisseurs, etc..

 
Restaurant Mamie de Jean Imbert

4/ Le naming sur la carte

Ici, il s’agit simplement de mentionner le nom du producteur ou/et l’origine géographique des aliments sur votre carte. Exemples :

Caille rôtie, jus au marc et raisins crapillonnés de chez Marc Gastan

Assiette de fromage de l’Aude : Fromage de vache Bio de la ferme du Briola et fromage de chèvre de la ferme du Montagut

 

Resumons maintenant quels avantages nous offre une telle démarche.

Les principaux avantages

Voici les trois principaux avantages à développer une relation directe avec ses producteurs :

Confiance et transparence: deux mots qui mettent en appétit

La dernière étude Business Insider France  » « Baromètre de l’économie positive et durable » insistait sur ce point, les français sont en demande de plus de transparence et de traçabilité. Plus encore, ils sont devenus sceptiques, ce qui montre l’intérêt de renverser la vapeur (fruit de pratiques marketing trompeuses et répétées notamment par l’industrie alimentaire).

Le dernier rapport de max haveelar « Baromètre de la transition alimentaire« , lui, montre à quel point les français sont attachés à soutenir les producteurs par leurs actes d’achats. Préoccupés par leur santé mais aussi par les conséquences sociales et environnementales de leur consommation, ils prévilégient les produits qui leur apportent des garanties.

Car le challenge est bien là, il s’agit de donner aux clients la confiance légitime que ce qu’ils mangent ne porte pas préjudice à l’environnement, ne contribue pas à maltraiter les animaux oue encore à mal payer les fournisseurs. La clientèle a soif de pouvoir (enfin) trouver des restaurants qui soient « simplement » conscients et responsables de leurs impacts.

Bien sûr on sait la restauration souvent contrainte à des exigences économiques et pratiques (rapidité et facilité d’obtenir la marchandise), l’amenant à se fournir auprès de grands distributeurs. Pour autant, et nombreux sont les restaurants qui s’y mettent, acheter à de petits producteurs locaux ne représente pas forcément une surchage en terme de coûts. La gestion des fournisseurs peut être elle plus contraignante mais les avantages de connaître en personne ses producteurs vient combler rapidement cette difficulté logisitique.

Renforcer les circuits courts

Indéniablement cette démarche passe par des produits locaux. La proximité, en plus d’être cohérente sur un plan environnemental en réduisant le transport, symbolise un territoire auquel les gens s’identifient. On ne mange plus de simples pommes, mais des pommes de monique, qui vit et travaille dans notre région, et chez qui on peut se déplacer pour connaître la réalité de son métier et sa manière de travailler.

 
Dans vos achats du quotidien, quel produit privilégiez-vous parmi les suivants ? "Baromètre de l'économie positive et durable" réalisé par YouGov pour Business Insider France

Et qui dit local et relation directe, dit circuit court, un enjeu crucial dans notre transition écologique. Suite à des décennies d’un marché qui n’a cessé de s’agrandir et de s’éloigner, on sait bien que notre transition ne réussira que si on met un frein à la mondialisation pour recentrer nos économies sur le local, en minimisant l’influence des grandes marques de distribution.

 

On a besoin de véritablement humaniser ce que l’on mange

On se moque gentiment des enfants qui déssinent des poissons carrés, pourtant on devrait moins faire les malins. Abonnés aux supermarchés, aux plats préparés ou livrés à domicile, on s’est largement déconnecté de la manière dont les aliments sont produits et transformés.

C’est bien là un enjeu vital pour sensibiliser à une alimentation durable. Car prendre conscience du cycle de vie des produits et le faire connaître à nos clients permettrait de lutter plus efficacement contre le gaspillage alimentaire, de retourner sa langue avant de se lancer dans l’agrobashing et plus globalement de retrouver un contact avec la nature. Dit autrement, je suis convaincu que faire connaître la complexité et la diversité des modes de production, et partager le visage de notre boulangère qui se lève aux aurores chaque matin, nous aiderait à mieux apprécier, par exemple, les bienfaits d’une production biologique, à ne pas laisser du pain sur la table ou encore à empathiser avec la dure réalité du métier d’agriculteur.

En termes de communication, les avantages sont multiples et collent très bien aux médias et courants actuels tels que les réseaux sociaux et le storytelling.

 

conclusion

Ami(e)s restaurateurs et restauratrices, à vos stylos et vos caméras, il est temps de donner plus de valeurs aux personnes qui sont à l’origine des produits que vous cuisinez!

En plus de leur rendre hommage, on a vu que c’est une stratégie qui répond à de plus grands enjeux et tendances : favoriser le commerce de proximité, apporter garantie et confiance à vos clients et développer une stratégie de contenus sur vos canaux digitaux.

 
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Alexandre Durrande

Alexandre Durrande

Concepteur-rédacteur freelance spécialisé dans l'alimentation et la restauration durables. Face aux challenges que repŕesente la transition écologique de l'agriculture et de l'alimentation, la com est un pilier central pour sensibiliser les acteurs et les citoyens. Ce blog souhaite apporter des réflexions, des inspirations et des actions concrètes pour s'y mettre.

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